ACCOMPAGNEMENT DES COMMUNAUTES LOCALES
APPROCHE FORET DES COMMUNAUTES LOCALES, SALUT POUR LES BAKUMBULE DES GROUPEMENTS KISIMBA ET IKOBO EN TERRITOIRE DE WALIKALE.
Depuis 2001 le Territoire de Walikale en Général s’est distingué dans les initiatives des mouvements associatifs avec comme mission, la protection et la conservation des gorilles et leurs habitats naturels particulièrement dans les Groupements Kisimba et Ikobo. Certaines réalisations non négligeables ont déjà été faites par ces associations en faveur de cette population dans différents domaines : la cartographie participative pour décrire non seulement les espaces vitaux des communautés mais surtout déboucher à l’établissement d’un plan de développement local ; le monitorings sur les grands singes et les végétaux ; et la vulgarisation de la loi n° 011/2002 portant Code Forestier dans les villages forestiers.
Arrêté ministériel N° 013/CAB/MIN ECN-EF/2006 a classé les forêts habitées par les communautés forestières de Kisimba et Ikobo (en Territoire de WALIKALE) sans respect des prescrits de l’article 15 de la loi 011/2002 portant code forestier de la RD Congo.
En réaction contre cet Arrêté, les communautés forestières des Groupements Kisimba et Ikobo, par l’intermédiaire de deux ONG locales, Réserve Communautaire des Gorilles de Walikale (RCGW) et Action Communautaire pour la Protection de l’Environnement et le Développement Intégral (ACOPEDI), membres du Réseau CREF ont toujours haussé leurs voix pour l’abrogation dudit Arrêté afin que l’autorité tienne compte de leurs droits et intérêts. L’approche « Forêt des Communautés Locales », processus légal en cours en RD Congo reste le seul salut pour protéger les droits d’usage de ces pauvres paysans déjà frustrés et craignant le déguerpissement de leurs terres ancestrales sans qu’aucune mesure d’accompagnement ne soit prévue dans l’Arrêté.
La cartographie participative réalisée avec l’appui et l’accompagnement du Réseau CREF dans cette partie de Walikale nous paraît être une mesure de correction pour cet état des choses vu l’implication et l’engouement des communautés locales dans ce processus car il constitue, selon elles l’unique moyen de garantir d’utilisation rationnelle et durable de leurs ressources forestières.
 
La participation des communautés locales des Groupements Kisimba et Ikobo au processus des FCL à travers l’élaboration et la validation des cartes communautaires; © Photo RCGW, 2009
Voyage d’échanges sur la Foresterie Communautaire en Tanzanie
Dans le plan opérationnel 2010 du Réseau CREF, il a été prévu un voyage d’échanges en Tanzanie afin de s’imprégner des expériences sur la gestion durable des ressources de la faune et de la flore de l’espace de vie et de production dans une dynamique de lutte contre la pauvreté des forêts par les communautés locales.
Soutenu par Rainforest Foundation Norvège, ce voyage d’échanges a eu lieu du 19 au 30 novembre 2010.
Les personnes sélectionnées pour le voyage sont issues des communautés de base, de FODI (organisation membre en charge de l’expérience pilote de CFCL en Territoire de Walikale) et le Secrétaire Général du Réseau CREF.
Au niveau des contacts, 92 personnes dont 31 femmes (soit 34 %) issues des communautés locales et de l’Administration forestière ont été contactées.
Certaines communautés optent pour l’exploitation du bois, comme activité pilote de lutte contre la pauvreté dans leur forêt.
Productions de la forêt de SULEDO (Tanzanie): planches. © Photo Réseau CREF, 2010
D’autres ont choisi de conserver leurs forêts pour les valoriser dans le processus REDD.
 
Les délégués du Réseau CREF visitent l’élevage des papillons à AMANI (Tanzanie). © Photo Réseau CREF, 2010
Pour ce faire, les alternatives sont développées notamment les foyers améliorés, l’élevage du petit et gros bétail, l’élevage des papillons, la pisciculture, l’apiculture,…
A l’issue de ce voyage d’échanges, nous devons retenir que : « La destruction de l’environnement et la pauvreté sont des jumelles. Leur mère, c’est l’ignorance. Combattre l’ignorance permettra de préserver notre environnement et lutter efficacement contre la pauvreté ». (ALI ASSAN MWINYI, Ancien Président tanzanien). |